PERL Environnement | Bureau d'étude en environnement

Les étapes d'un diagnostic de pollution des sols : guide complet

sachet de prélèvement entrain d'être rempli de terre par un homme avec une pelle et de gants de protection bleu

La réalisation d’un diagnostic de pollution des sols obéit à une méthodologie stricte, encadrée par la norme NF X 31-620 et la méthodologie nationale des Sites et Sols Pollués (SSP). Comprendre les étapes d’un diagnostic de pollution permet d’anticiper les délais, de maîtriser les coûts et de préparer efficacement son projet — qu’il s’agisse d’une cession immobilière, d’une cessation d’activité ICPE ou d’un projet de construction sur friche.

 

Cet article rédigé par les experts de PERL Environnement, bureau d’études certifié NF X 31-620 et LNE, détaille chaque phase du diagnostic : de la première recherche documentaire jusqu’au plan de gestion final, en passant par les investigations terrain et les analyses laboratoire.

 

Pour connaître les obligations réglementaires et les cas où le diagnostic est imposé par la loi, consultez notre page dédiée : diagnostic de pollution des sols.

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Combien d'étapes comporte un diagnostic de pollution des sols ?

Un diagnostic de pollution des sols complet se déroule en trois grandes phases successives, auxquelles peut s’ajouter une quatrième en cas de contamination confirmée :

 

  1. Phase 1 — Étude historique et documentaire (INFOS)
  2. Phase 2 — Investigations terrain et analyses laboratoire (DIAG)
  3. Phase 3 — Interprétation de l’état des milieux (IEM)
  4. Phase 4 — Plan de gestion et évaluation des risques sanitaires (si pollution avérée)

 

Chaque phase conditionne la suivante. Il est impossible de passer directement aux investigations terrain sans avoir réalisé l’étude historique : c’est elle qui oriente la stratégie d’échantillonnage et évite des coûts d’analyse inutiles.

 

Réalisée par un bureau d’études expert et indépendant, cette analyse permet d’évaluer la qualité globale des différents milieux : le sol (la terre), le sous-sol, l’air (les gaz du sol), ainsi que les eaux souterraines (nappes phréatiques) et les eaux de surface (lacs, cours d’eau à proximité).

Phase 1 : L'étude historique, documentaire et mémorielle (INFOS)

Objectif

Avant même de poser une foreuse sur le terrain, le bureau d’études doit reconstituer l’histoire complète du site : quelles activités s’y sont déroulées, quelles substances ont pu être stockées ou utilisées, et quelles zones sont susceptibles de présenter une contamination.

Contenu de la mission

Le bureau d’études procède à :

 

  • La consultation des bases de données nationales : BASIAS (anciens sites industriels et activités de service) et BASOL (sites pollués appelant une action des pouvoirs publics), disponibles sur le géoportail de l’INERIS.
  • L’étude documentaire : analyse des plans cadastraux anciens, des photographies aériennes IGN, des permis de construire et d’exploiter, des rapports d’inspection DREAL disponibles.
  • La recherche des activités passées : identification des zones de stockage de produits chimiques, des anciennes cuves enterrées, des aires de traitement de surface, des fosses septiques ou décharges internes.
  • La visite de site : inspection visuelle par un ingénieur expérimenté pour repérer des indices terrain — végétation anormalement absente, taches ou irisations sur le sol, odeurs caractéristiques, présence de remblais suspects.

Livrable

Un rapport d’étude historique synthétisant les informations collectées, un premier schéma conceptuel des sources de pollution potentielles, et une proposition de stratégie d’investigation pour la Phase 2.

Délai et coût indicatif

Élément Indicatif
Durée 2 à 4 semaines
Budget 1 200 € à 4 000 € HT

Conseil : ne négligez jamais la Phase 1. Une étude historique bien conduite peut réduire de 30 à 50 % le nombre de points de sondage nécessaires en Phase 2, et donc le budget global du diagnostic.

Phase 2 : Les investigations terrain et analyses laboratoire (DIAG)

Objectif

Si la Phase 1 révèle un risque de contamination — ou si le site est classé en Secteur d’Information sur les Sols (SIS) — on passe à la phase d’investigation terrain. Il s’agit de confirmer ou d’infirmer la présence de polluants dans les milieux, et d’en caractériser la nature et l’étendue.

Contenu de la mission

Sondages et prélèvements

À l’aide de matériel de forage adapté (sondeuse à percussion, carottier, tarière), les techniciens réalisent des sondages selon une grille définie par le bureau d’études. Les prélèvements portent sur :

 

  • Les sols : échantillons à différentes profondeurs selon la lithologie et les sources identifiées en Phase 1.
  • Les eaux souterraines : via des piézomètres installés dans la nappe phréatique, permettant un suivi dans le temps.
  • Les gaz du sol : pour évaluer les risques d’inhalation de Composés Organiques Volatils (COV) dans les bâtiments existants ou futurs.
Analyses en laboratoire accrédité COFRAC

Les échantillons sont transmis à un laboratoire accrédité COFRAC pour analyse. Le panel de substances recherchées est défini en fonction de l’historique du site et peut inclure :

 

  • Métaux lourds : plomb, cadmium, mercure, arsenic, chrome, zinc, cuivre, nickel.
  • Hydrocarbures : HC totaux (C5-C40), BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène, xylènes), HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques).
  • Solvants chlorés : trichloroéthylène, tétrachloroéthylène, dichlorométhane.
  • Polluants émergents : PFAS, PCB selon l’historique industriel.
  • Autres : cyanures, pesticides, amiante environnemental.

Livrable

Un rapport d’investigation comprenant les résultats analytiques, les cartographies de contamination et une première interprétation des concentrations mesurées.

Délai et coût indicatif

Élément Indicatif
Durée 3 à 8 semaines (intervention + résultats labo)
Budget 2 000 € à 15 000 € HT selon le nombre de points

Phase 3 : L'interprétation de l'état des milieux (IEM)

Objectif

L’Interprétation de l’État des Milieux est l’étape clé du diagnostic. Elle consiste à comparer les concentrations mesurées aux valeurs de référence réglementaires et aux bruits de fond géochimiques locaux, puis à évaluer si l’état du site est compatible avec son usage actuel et futur.

Contenu de la mission

  • Comparaison des résultats analytiques aux valeurs seuils réglementaires (arrêtés ministériels, circulaires BRGM/INERIS).
  • Construction du schéma conceptuel définitif : sources de pollution → voies de transfert → cibles exposées.
  • Évaluation de la compatibilité sol/usage : un terrain pollué à un niveau donné peut être compatible avec un usage industriel mais incompatible avec un usage résidentiel avec jardins.
  • Identification des zones nécessitant une action (dépollution, confinement, servitudes).

Livrable

Le rapport IEM, document réglementaire remis aux autorités compétentes (DREAL, mairie, notaire selon le cas). Ce rapport conclut soit à la compatibilité du site avec son usage prévu, soit à la nécessité d’un plan de gestion.

Phase 4 : Le plan de gestion et l'évaluation des risques sanitaires EQRS (si pollution avérée)

Objectif

Si l’IEM conclut à une incompatibilité entre l’état du sol et l’usage futur, le bureau d’études élabore un plan de gestion. C’est la feuille de route opérationnelle pour traiter la contamination.

Contenu de la mission

Évaluation Quantitative des Risques Sanitaires (EQRS)

Notre bureau modélise les voies d’exposition des populations aux polluants (inhalation de gaz, ingestion de sol, contact cutané) et évalu les risques sanitaires résiduels selon les scénarios d’usage.

Définition des objectifs de dépollution

En fonction des usages futurs et des risques calculés, notre bureau fixe des concentrations cibles à atteindre après traitement — appelées objectifs de réhabilitation.

Scénarios de traitement

Plusieurs techniques peuvent être envisagées selon la nature des polluants et la profondeur de contamination :

 

  • Excavation et évacuation vers des filières de traitement agréées (la plus courante pour les pollutions de surface).
  • Traitement biologique in situ (biodégradation stimulée) pour les hydrocarbures et certains solvants.
  • Venting / sparging pour les COV dans les sols et les nappes.
  • Confinement et servitudes d’utilité publique pour les pollutions profondes difficiles à traiter.
  • Mesures constructives : vide sanitaire ventilé, dalle étanche, barrière capillaire pour protéger les futurs occupants.

Livrable

Le plan de gestion, document contractuel entre le maître d’ouvrage, le bureau d’études et les autorités de contrôle, qui encadre l’ensemble des travaux de dépollution jusqu’à l’obtention de l’attestation finale (ATTES-TRAVAUX ou ATTES-SECUR).

Délai et coût indicatif

Élément Indicatif
Durée 4 à 12 semaines selon la complexité
Budget À partir de 2 000 € HT

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Quelle est la durée totale d'un diagnostic de pollution des sols ?

La durée globale varie selon la complexité du site et le nombre de phases nécessaires :

Scénario Phases réalisées Durée totale estimée
Site simple, historique clair, pas de pollution Phase 1 + IEM 4 à 8 semaines
Site à risque modéré, pollution ponctuelle Phase 1 + Phase 2 + IEM 8 à 16 semaines
Site fortement pollué, plan de gestion requis Phase 1 + 2 + IEM + Plan de gestion 4 à 9 mois

Ces délais peuvent être allongés ou raccourcis par les temps de réponse des laboratoires, les conditions météorologiques pour les interventions terrain, ou les échanges avec les autorités compétentes (DREAL, inspection des installations classées).

Qui peut réaliser un diagnostic de pollution des sols ?

En France, seuls les bureaux d’études certifiés NF X 31-620 sont habilités à réaliser des diagnostics de pollution des sols dans un cadre réglementaire. Cette certification, délivrée par des organismes accrédités comme le LNE, garantit :

 

  • La compétence technique des ingénieurs et techniciens.
  • L’indépendance du bureau vis-à-vis du maître d’ouvrage.
  • La traçabilité et la fiabilité des données produites.
  • La conformité des livrables aux exigences des autorités administratives.

 

PERL Environnement est certifié LNE dans les domaines A (études et ingénierie), B (assistance à maîtrise d’ouvrage) et D (attestations ATTES), ainsi que OPQIBI pour l’ingénierie environnementale. Nous intervenons sur l’ensemble du territoire national, avec des équipes régionales en Bourgogne-Franche-Comté, Alsace, Lorraine, AURA et Champagne.

Conclusion

Les étapes d’un diagnostic de pollution des sols forment un processus progressif et rigoureux, où chaque phase conditionne la pertinence de la suivante. Une étude historique bien menée optimise les investigations terrain. Des prélèvements ciblés réduisent les coûts d’analyse. Une IEM solide sécurise les décisions d’aménagement.

 

Faire appel à un bureau d’études certifié NF X 31-620 dès le début du projet — avant même le dépôt du permis de construire ou la signature du compromis de vente — est la meilleure façon d’anticiper les contraintes, de maîtriser les délais et d’éviter les mauvaises surprises en cours de chantier.